Heures supplémentaires au Canada : les seuils par province et territoire

Un employé qui travaille 45 heures dans une semaine déclenche une majoration au Québec, mais pas en Nouvelle-Écosse. Le même horaire ne coûte donc pas le même prix selon l’adresse de l’établissement.

Les heures supplémentaires au Canada obéissent à treize régimes provinciaux et territoriaux, auxquels s’ajoutent les règles fédérales. Les seuils vont de 40 à 48 heures par semaine, certaines juridictions ajoutent un seuil quotidien, et deux provinces calculent la majoration sur le salaire minimum plutôt que sur le taux réel de l’employé.

Ce guide réunit les seuils, les taux et les règles de banque de temps applicables dans chaque juridiction.

Calcul des heures supplémentaires au Canada avec une calculatrice, des reçus et des documents de paie étalés

Tableau comparatif des heures supplémentaires au Canada

Juridiction Seuil hebdomadaire Seuil quotidien Base de calcul
Compétence fédérale 40 h 8 h Salaire habituel
Québec 40 h Aucun Salaire habituel
Manitoba 40 h 8 h Salaire habituel
Saskatchewan 40 h 8 h ou 10 h selon l’horaire Salaire habituel
Colombie-Britannique 40 h 8 h, puis 12 h Salaire habituel
Yukon 40 h 8 h Salaire habituel
Territoires du Nord-Ouest 40 h 8 h Salaire habituel
Nunavut 40 h 8 h Salaire habituel
Terre-Neuve-et-Labrador 40 h Aucun Salaire minimum
Ontario 44 h Aucun Salaire habituel
Alberta 44 h 8 h Salaire habituel
Nouveau-Brunswick 44 h Aucun Salaire minimum
Île-du-Prince-Édouard 44 h Aucun Salaire habituel
Nouvelle-Écosse 48 h Aucun Salaire habituel

La majoration est de 1,5 fois la base de calcul partout au pays. Les seuils et les taux ci-dessus proviennent des ministères du Travail provinciaux et territoriaux. Données à jour au 11 septembre 2026.

Ce qui fait varier le calcul d’une province à l’autre

Quatre paramètres distinguent les régimes entre eux. Un employeur multiprovincial doit les vérifier un à un avant de paramétrer son système de paie.

  • Le seuil hebdomadaire. Neuf juridictions déclenchent la majoration à 40 heures. L’Ontario, l’Alberta, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard attendent 44 heures. La Nouvelle-Écosse attend 48 heures, le seuil le plus élevé au pays.
  • Le seuil quotidien. Plusieurs juridictions ajoutent un déclencheur par journée, généralement à 8 heures. Un employé peut donc toucher une majoration même si sa semaine totalise moins de 40 heures. Le Québec, l’Ontario et les provinces de l’Atlantique n’appliquent aucun seuil quotidien.
  • La base de calcul. Le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador calculent la majoration sur le salaire minimum, pas sur le taux réel de l’employé.
  • La banque de temps. Elle est permise presque partout, mais selon des conditions qui varient, et le Nouveau-Brunswick l’interdit.

Seuils hebdomadaires et quotidiens selon la juridiction

Juridictions au seuil de 40 heures

La majorité des juridictions retiennent la semaine de 40 heures. Le Québec applique ce seuil sans déclencheur quotidien, et la CNESST précise que la majoration s’applique au-delà de 40 heures même lorsque la semaine normale de l’entreprise est plus courte.

Le fédéral, le Manitoba, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ajoutent un seuil quotidien de 8 heures. Un employé qui fait 10 heures un mardi touche donc 2 heures majorées, peu importe son total hebdomadaire.

La Saskatchewan fonctionne autrement. Le seuil quotidien dépend de l’horaire prévu, soit 8 heures pour un quart de 8 heures et 10 heures pour un quart de 10 heures. L’employé reçoit le montant le plus avantageux entre le calcul quotidien et le calcul hebdomadaire.

Juridictions au seuil de 44 heures

L’Ontario déclenche la majoration après 44 heures dans la semaine, sans seuil quotidien. Un employé qui fait quatre quarts de 11 heures ne touche donc aucune majoration.

L’Alberta combine les deux approches avec un seuil de 8 heures par jour et de 44 heures par semaine. L’employeur verse le plus élevé des deux calculs.

L’Île-du-Prince-Édouard vient de rejoindre ce groupe, et le Nouveau-Brunswick s’y trouve depuis longtemps.

La Nouvelle-Écosse et son seuil de 48 heures

La Nouvelle-Écosse conserve le seuil le plus élevé au pays. La règle générale, énoncée par le ministère du Travail provincial, prévoit 1,5 fois le salaire habituel après 48 heures dans une semaine.

Une nuance importante échappe souvent aux employeurs. Les gestionnaires, les superviseurs et certaines catégories visées par un décret distinct reçoivent 1,5 fois le salaire minimum plutôt que leur propre taux. Le ministère évalue les fonctions réelles, pas le titre inscrit au contrat.

Les employés du secteur de la construction relèvent d’un régime séparé, avec une majoration après 110 heures sur deux semaines.

Un outil de suivi des heures travaillées vous permettra de régler ces différents paramètres et de noter les dépassements à chaque période de paie.

Deux provinces qui calculent sur le salaire minimum

Le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador appliquent une logique particulière. La majoration se calcule sur le salaire minimum provincial, pas sur le taux réel de l’employé.

Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement fixe le taux minimal des heures supplémentaires à 23,85 $ l’heure depuis le 1er avril 2026, soit 1,5 fois le salaire minimum de 15,90 $.

Un employé payé 25 $ l’heure qui dépasse 44 heures n’a donc droit qu’à 25 $ pour ses heures additionnelles, puisque son taux courant dépasse déjà le plancher légal. Terre-Neuve-et-Labrador applique le même mécanisme, avec un seuil de 40 heures.

Cette règle vaut uniquement comme plancher des heures supplémentaires au Canada. Un contrat de travail ou une convention collective peut prévoir mieux, et beaucoup d’employeurs de ces deux provinces versent le taux et demi sur le salaire réel pour rester concurrentiels.

Entreprises sous compétence fédérale

Les banques, les télécommunications, le transport interprovincial, les ports et les services postaux ne relèvent pas des normes provinciales. Le Code canadien du travail encadre leurs heures supplémentaires.

Le régime fédéral combine un seuil quotidien de 8 heures et un seuil hebdomadaire de 40 heures, avec une majoration de 1,5 fois le salaire habituel. L’employé peut aussi recevoir du temps de congé équivalent, à raison de 1,5 heure par heure supplémentaire travaillée.

Une particularité distingue ce régime des régimes provinciaux. Les employés sous compétence fédérale disposent d’un droit explicite de refuser des heures supplémentaires pour s’acquitter d’obligations familiales, notamment la garde d’un enfant ou les soins à un membre de la famille.

Cette nuance compte pour les entreprises de transport routier qui exploitent des trajets interprovinciaux. Un même chauffeur peut relever du régime fédéral alors que le personnel administratif du même employeur relève du régime provincial.

Banque de temps et congé compensatoire

Où la banque de temps est permise

La plupart des juridictions autorisent le remplacement du paiement par du temps de congé, généralement à raison de 1,5 heure par heure supplémentaire travaillée. Une entente écrite est habituellement exigée.

L’Alberta fait exception sur le ratio. La banque s’y accumule à raison d’une heure de congé par heure supplémentaire, et non 1,5.

Les délais d’utilisation varient. Les Territoires du Nord-Ouest et l’Île-du-Prince-Édouard imposent trois mois, la Nouvelle-Écosse six mois. Le Nouveau-Brunswick interdit purement et simplement la mise en banque.

Ce que le Québec compte comme heures travaillées

Le Québec applique une règle qui surprend souvent les gestionnaires. Les heures de vacances annuelles et de jours fériés comptent comme des heures travaillées dans le calcul des heures supplémentaires.

Un employé qui fait 38 heures dans une semaine comprenant un jour férié de 8 heures atteint donc 46 heures aux fins du calcul, et 6 heures doivent être majorées.

Les primes de soir ou de nuit, à l’inverse, ne s’ajoutent pas au taux horaire servant au calcul. La majoration s’applique au taux de base seulement.

Un dernier point mérite attention. L’employeur ne peut pas imposer la banque de temps au Québec. Le remplacement du paiement par un congé se fait à la demande du travailleur, sauf disposition contraire d’une convention collective.

Gestionnaire qui consulte un calendrier mensuel sur un portable pour planifier les quarts de son équipe

Ce qui change à l’Île-du-Prince-Édouard depuis juin 2026

La refonte de la loi sur les normes du travail de l’Île-du-Prince-Édouard est entrée en vigueur le 30 juin 2026. Elle fait passer la semaine normale de 48 à 44 heures, ce qui avance le déclenchement de la majoration de quatre heures.

Les employeurs qui bâtissaient leurs horaires sur une base de 48 heures doivent revoir leurs paramètres de paie. Certains secteurs conservent un seuil plus élevé, notamment la construction routière, la transformation des produits de la mer et le camionnage, lorsque la commission provinciale a autorisé un décret en ce sens.

La réforme introduit aussi les ententes d’étalement, qui permettent de calculer la moyenne des heures sur deux à quatre semaines par entente écrite. Un employé qui fait 44 heures puis 50 heures accumule 6 heures majorées sans entente, contre 3 heures avec une entente de deux semaines.

L’Île-du-Prince-Édouard exige désormais un horaire écrit remis au moins une semaine à l’avance, une tendance que l’on retrouve dans les lois sur la prévisibilité des horaires au Canada.

Maîtrisez les heures supplémentaires au Canada sans surprise

Le coût réel des heures supplémentaires au Canada se décide au moment où l’horaire est bâti, pas au moment où la paie est traitée. Un quart ajouté le jeudi peut faire basculer une semaine complète en territoire majoré dans une province, et rester sans effet dans la province voisine.

Les employeurs qui gèrent des équipes par quarts ont intérêt à voir le seuil approcher en temps réel. Notre guide sur la planification des horaires détaille les méthodes qui limitent les dépassements non planifiés.

Evolia rassemble les horaires, les heures pointées et les règles de majoration propres à chaque juridiction dans un seul outil. Planifiez une démo pour voir comment la plateforme applique ces seuils.

FAQ

Quand les heures supplémentaires au Canada commencent-elles?

Le seuil dépend de la juridiction. Neuf juridictions, dont le Québec et le fédéral, déclenchent la majoration après 40 heures par semaine. L’Ontario, l’Alberta, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard attendent 44 heures, et la Nouvelle-Écosse 48 heures. Plusieurs juridictions ajoutent aussi un seuil quotidien, généralement fixé à 8 heures dans une même journée, ce qui peut déclencher une majoration même sur une semaine courte.

Les heures supplémentaires sont-elles toujours payées à taux et demi?

Le taux de 1,5 s’applique partout au pays, mais la base de calcul change selon la province. Le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador la calculent sur le salaire minimum provincial plutôt que sur le taux réel de l’employé. La Colombie-Britannique va plus loin dans l’autre sens et impose le double du taux horaire habituel au-delà de 12 heures travaillées dans une même journée.

Un employeur peut-il imposer une banque de temps?

Non, dans la plupart des juridictions. Le Québec exige que la demande vienne du travailleur, sauf disposition contraire d’une convention collective ou d’un décret. Ailleurs, une entente écrite entre les deux parties est généralement requise. Le Nouveau-Brunswick interdit complètement la mise en banque, et les heures supplémentaires doivent donc y être payées en argent dans la période de paie concernée.

Les jours fériés comptent-ils dans le calcul des heures supplémentaires?

Au Québec, oui. Les heures de vacances annuelles et de jours fériés sont considérées comme travaillées aux fins du calcul, ce qui peut faire basculer une semaine entière en heures supplémentaires. La règle s’applique lorsque le férié tombe un jour normalement travaillé par l’employé. Les autres juridictions prévoient des règles distinctes sur ce point précis, à valider auprès du ministère du Travail concerné.

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