Un employeur qui exploite des établissements à Montréal, à Toronto et à Calgary applique aujourd’hui trois taux horaires différents, à trois dates d’ajustement différentes. Le salaire minimum au Canada n’est pas une norme nationale, mais treize régimes distincts, auxquels s’ajoutent les règles fédérales.
Résultat : une hausse manquée d’une seule période de paie peut se traduire par des paiements rétroactifs et une plainte aux normes du travail.
Ce guide réunit les taux actuellement en vigueur dans chaque province et territoire, leur date d’entrée en vigueur et les prochaines hausses déjà annoncées.

Tableau comparatif du salaire minimum au Canada par province
| Juridiction | Taux horaire en vigueur | En vigueur depuis |
|---|---|---|
| Nunavut | 20,17 $ | 1er septembre 2026 |
| Yukon | 18,51 $ | 1er avril 2026 |
| Colombie-Britannique | 18,25 $ | 1er juin 2026 |
| Compétence fédérale | 18,15 $ | 1er avril 2026 |
| Ontario | 17,95 $ | 1er octobre 2026 |
| Île-du-Prince-Édouard | 17,30 $ (17,60 $ le 1er avril 2027) | 1er octobre 2026 |
| Territoires du Nord-Ouest | 17,20 $ | 1er septembre 2026 |
| Nouvelle-Écosse | 17,00 $ | 1er octobre 2026 |
| Québec | 16,60 $ | 1er mai 2026 |
| Manitoba | 16,40 $ | 1er octobre 2026 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 16,35 $ | 1er avril 2026 |
| Nouveau-Brunswick | 15,90 $ | 1er avril 2026 |
| Saskatchewan | 15,70 $ | 1er octobre 2026 |
| Alberta | 15,00 $ | 1er octobre 2018 |
Les taux ci-dessus proviennent des ministères du Travail provinciaux et territoriaux ainsi que de la banque de données sur les salaires minimums du Programme du travail fédéral. Données à jour au 1er octobre 2026.
Ce qui explique les écarts d’une province à l’autre
Cet écart dans le salaire minimum au Canada tient à quatre facteurs que tout gestionnaire de paie multiprovincial gagne à connaître.
- Le mécanisme d’ajustement. La majorité des juridictions indexent leur taux à l’indice des prix à la consommation. L’Alberta, elle, révise le sien par décision politique, ce qui explique un taux inchangé depuis octobre 2018.
- La date d’ajustement. Le 1er octobre sert de date de révision annuelle en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan. Le Québec ajuste au 1er mai, la Colombie-Britannique au 1er juin, le Yukon et le fédéral au 1er avril, les deux territoires du Nord au 1er septembre.
- La fréquence. La Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont procédé à deux ajustements en 2026, en avril et en octobre. L’Île-du-Prince-Édouard a déjà confirmé le suivant pour avril 2027.
- Le coût de la vie régional. Le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest calculent leur formule à partir de l’indice des prix local et du salaire horaire moyen du territoire, ce qui soutient des taux nettement supérieurs à la moyenne canadienne.
Les hausses entrées en vigueur le 1er octobre 2026
Cinq juridictions ont relevé leur taux le 1er octobre 2026. Si vous avez des employés dans l’une d’elles, vérifiez que la période de paie qui chevauchait cette date a bien appliqué deux taux distincts, l’ancien avant le 1er octobre et le nouveau à partir de ce jour.
L’Ontario est passé de 17,60 $ à 17,95 $. Le taux étudiant, réservé aux moins de 18 ans qui travaillent 28 heures ou moins par semaine durant l’année scolaire, est passé de 16,60 $ à 16,90 $.
L’Île-du-Prince-Édouard est passée de 17,00 $ à 17,30 $, son deuxième ajustement de l’année après celui d’avril. La province a déjà confirmé une autre hausse de 30 cents, qui portera son taux à 17,60 $ le 1er avril 2027. La Nouvelle-Écosse est passée de 16,75 $ à 17,00 $.
Le Manitoba est passé de 16,00 $ à 16,40 $, et la Saskatchewan de 15,35 $ à 15,70 $. La Saskatchewan conserve ainsi le taux provincial le plus bas après l’Alberta.
Un outil de suivi des heures travaillées vous permettra de paramétrer les prochaines hausses et appliquera le bon taux selon le lieu de travail de chaque employé.
Juridictions ajustées plus tôt en 2026
Ces juridictions avaient révisé leur taux avant le 1er octobre, à l’exception de l’Alberta, qui n’a rien changé depuis 2018. Leur prochaine révision est prévisible, même si le montant reste inconnu.
Québec, Colombie-Britannique et Yukon
Le Québec a porté son taux à 16,60 $ le 1er mai 2026. La révision suivante devrait suivre le même calendrier, au printemps, selon la pratique établie par le gouvernement.
La Colombie-Britannique ajuste au 1er juin et se situe à 18,25 $, soit le taux provincial le plus élevé au pays. Le Yukon ajuste au 1er avril et applique 18,51 $, un taux indexé à l’indice des prix à la consommation de Whitehorse.
Nunavut et Territoires du Nord-Ouest
Les deux territoires ont ajusté leur taux le 1er septembre 2026. Le Nunavut est passé de 19,75 $ à 20,17 $, et les Territoires du Nord-Ouest de 16,95 $ à 17,20 $.
Les deux formules combinent l’inflation locale et l’évolution du salaire horaire moyen du territoire. Le Nunavut annonce son nouveau taux au plus tard le 31 juillet de chaque année.
Provinces de l’Atlantique et Alberta
Terre-Neuve-et-Labrador applique 16,35 $ et le Nouveau-Brunswick 15,90 $, tous deux ajustés au 1er avril selon l’indice des prix à la consommation.
L’Alberta demeure l’exception canadienne avec 15,00 $, un taux inchangé depuis 2018 et sans mécanisme d’indexation automatique. Une hausse y dépend d’une décision gouvernementale, sans calendrier prévisible.
Taux particuliers selon la catégorie de travailleurs
Le taux général ne couvre pas tout le monde. Plusieurs juridictions prévoient des rémunérations planchers distinctes pour certaines catégories d’employés.
Employés au pourboire au Québec
Le Québec maintient un taux distinct pour les salariés au pourboire, fixé à 13,30 $ l’heure depuis le 1er mai 2026. Ce taux vise les personnes qui reçoivent habituellement des pourboires dans la restauration, les bars et l’hébergement touristique. La CNESST précise aussi les rares cas d’exemption au taux général.
Le pourboire ne fait pas partie du salaire versé par l’employeur. Le salarié doit recevoir au moins 13,30 $ l’heure avant tout pourboire. Notre article sur le salaire minimum au Québec détaille les cas d’application.
La province fixe aussi des taux au rendement pour la cueillette de petits fruits, soit 4,93 $ le kilogramme pour les framboises et 1,32 $ pour les fraises.
Étudiants en Ontario et en Alberta
L’Ontario applique un taux étudiant de 16,90 $ aux employés de moins de 18 ans qui travaillent au maximum 28 heures par semaine pendant l’année scolaire, ou durant les congés scolaires. Les travailleurs à domicile y ont droit à un taux majoré de 19,70 $.
L’Alberta prévoit 13,00 $ pour les moins de 18 ans, sur les 28 premières heures hebdomadaires durant l’année scolaire. Au-delà, le taux général de 15,00 $ s’applique.
Juridictions sans taux réduit selon l’âge
La plupart des provinces ne prévoient aucun rabais lié à l’âge. Le Nunavut le précise explicitement dans sa loi : le taux s’applique sans restriction d’âge, peu importe le statut de l’employé.
La Nouvelle-Écosse conserve pour sa part des dispositions distinctes pour les employés comptant moins de trois mois d’expérience dans un poste donné, tout en appliquant le taux général à la grande majorité des travailleurs.
Avant d’appliquer un taux réduit, validez toujours qu’il existe dans la juridiction visée. Une hypothèse tirée des règles d’une autre province est une source fréquente de réclamations salariales.

Règles applicables aux entreprises sous compétence fédérale
Environ 10 % des employeurs canadiens ne relèvent pas des normes provinciales. Les banques, les télécommunications, le transport interprovincial, les ports et les services postaux sont régis par le Code canadien du travail.
Le taux fédéral s’établit à 18,15 $ l’heure depuis le 1er avril 2026 et s’indexe annuellement à l’indice des prix à la consommation.
Une règle simple s’applique en cas d’écart : si le taux de la province où l’employé travaille habituellement dépasse le taux fédéral, c’est le plus élevé des deux qui prime. Aujourd’hui, seuls le Nunavut, le Yukon et la Colombie-Britannique se situent au-dessus du plancher fédéral.
Appliquer une hausse de salaire minimum sans erreur de paie
Une augmentation entre en vigueur à la date fixée, pas au début de la période de paie suivante. Une période qui chevauche une date d’ajustement, comme le 1er octobre dernier ou le 1er avril prochain à l’Île-du-Prince-Édouard, exige donc deux taux distincts sur un même talon de paie.
L’erreur la plus courante consiste à appliquer le nouveau taux à l’ensemble de la période, ou à attendre le cycle suivant. Les deux approches créent un écart que l’employeur devra corriger rétroactivement.
Une hausse se répercute aussi au-delà du taux de base, sur plusieurs éléments de la paie qu’on oublie parfois de réviser.
- Les employés qui occupent plusieurs postes. Une même personne peut être payée au salaire minimum comme caissière et à un taux plus élevé comme cheffe d’équipe. Seul le taux du poste visé doit augmenter, ce qui suppose un taux distinct pour chaque poste dans le système de paie.
- Les primes calculées en pourcentage. Une prime de soir ou de nuit exprimée en pourcentage du taux de base suit automatiquement la hausse. Une prime fixe, en dollars, reste la même tant que l’employeur ne la révise pas.
- Le temps supplémentaire. Le taux majoré d’un employé payé au minimum augmente avec son taux de base. Au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador, où la majoration se calcule sur le salaire minimum lui-même, chaque hausse relève aussi le taux des heures supplémentaires de tous les employés payés moins d’une fois et demie le nouveau minimum.
- Les salaires tout juste au-dessus du plancher. Un employé ontarien payé 17,70 $ l’heure en septembre se retrouve sous le nouveau minimum de 17,95 $ depuis le 1er octobre, et son taux doit être rehaussé.
Pour limiter le risque, repérez à l’avance les périodes de paie qui chevauchent une date d’ajustement et vérifiez la province de rattachement de chaque employé plutôt que celle du siège social.
Gardez le salaire minimum au Canada sous contrôle toute l’année
Le suivi du salaire minimum au Canada n’est pas un exercice annuel, mais un calendrier réparti sur six dates d’ajustement distinctes. Pour un employeur présent dans plus d’une province, la difficulté vient rarement du taux lui-même : elle vient du moment où il change et de la façon dont la paie le reflète.
Les mêmes écarts provinciaux se retrouvent dans les autres normes du travail, notamment pour les congés et les vacances selon les provinces et pour les jours fériés au Canada.
Optez pour un système qui associe un taux à chaque poste, calcule automatiquement les primes et le temps supplémentaire selon vos propres règles, et transfère les heures approuvées vers la paie.
FAQ
Où le salaire minimum au Canada est-il le plus élevé?
Le Nunavut affiche le salaire minimum au Canada le plus élevé, soit 20,17 $ l’heure depuis le 1er septembre 2026. Le Yukon suit avec 18,51 $ et la Colombie-Britannique avec 18,25 $. Ces trois juridictions ajustent leur taux chaque année selon une formule liée à l’inflation locale, ce qui explique en bonne partie l’écart avec les provinces où le taux reste gelé ou révisé moins souvent.
Le salaire minimum est-il le même partout au Canada?
Non. Chaque province et territoire fixe son propre taux, et l’écart dépasse 5 $ l’heure entre l’Alberta, à 15,00 $, et le Nunavut, à 20,17 $. Un employeur qui exploite des établissements dans plusieurs provinces doit appliquer le taux de la juridiction où l’employé travaille habituellement, et non celui du siège social. La même règle vaut pour les employés en télétravail.
Quand le salaire minimum augmente-t-il au Canada?
Cela dépend de la juridiction. Le 1er octobre sert de date de révision annuelle en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan. Le Québec ajuste son taux le 1er mai, le Yukon et le fédéral le 1er avril, la Colombie-Britannique le 1er juin, et les deux territoires du Nord le 1er septembre. La Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont haussé le leur deux fois en 2026. L’Alberta n’a rien modifié depuis 2018.
Que faire si une hausse tombe au milieu d’une période de paie?
La nouvelle date d’entrée en vigueur s’applique dès le jour même, peu importe où vous êtes rendu dans la période de paie. Vous devez payer l’ancien taux pour les heures travaillées avant cette date et le nouveau taux pour celles travaillées après. Un système qui sépare automatiquement les deux segments évite les corrections rétroactives et les plaintes aux normes du travail.