Une employée annonce une grossesse. Deux questions arrivent presque en même temps chez le gestionnaire : combien de temps sera-t-elle absente, et qui paie pendant ce temps?
Les réponses ne viennent pas de la même loi. Le congé de maternité et congé parental au Canada repose sur deux systèmes parallèles. Les normes du travail de chaque province protègent l’emploi et fixent la durée de l’absence. Les prestations financières, elles, relèvent de l’assurance-emploi fédérale ou, au Québec, du Régime québécois d’assurance parentale.
Confondre les deux mène à une erreur coûteuse : rappeler un employé au travail parce que ses prestations sont terminées, alors que son congé protégé court toujours.

Congé de maternité et congé parental au Canada, deux systèmes distincts
La distinction est simple à énoncer et facile à oublier dans la pratique.
Les normes du travail provinciales, territoriales ou fédérales déterminent le droit de s’absenter, la durée maximale de cette absence et l’obligation de reprendre l’employé à son retour. L’employeur ne verse aucun salaire pendant cette période, sauf politique interne ou convention collective.
Les prestations remplacent une partie du revenu. Elles proviennent de l’assurance-emploi partout au pays, sauf au Québec où le RQAP s’y substitue. L’employeur n’intervient que pour produire le relevé d’emploi.
L’écart entre les deux systèmes est mesurable. En Ontario, le congé de grossesse protégé dure 17 semaines alors que les prestations de maternité de l’assurance-emploi en couvrent 15. Les deux semaines restantes sont sans revenu, mais l’emploi demeure protégé. Planifier un retour en fonction de la fin des prestations plutôt que de la fin du congé est l’erreur la plus fréquente.
Tableau du congé de maternité et parental au Canada par province
| Juridiction | Congé de maternité | Congé parental | Service requis |
|---|---|---|---|
| Saskatchewan | 19 semaines | 59 sem. (63 sans congé de maternité) | 13 semaines |
| Québec | 18 semaines | 65 semaines | Aucun |
| Compétence fédérale | 17 semaines | 63 sem. (71 combinées si partagé) | Aucun |
| Ontario | 17 semaines | 61 sem. (63 sans congé de grossesse) | 13 semaines |
| Colombie-Britannique | 17 semaines | 61 sem. (62 pour l’autre parent) | Aucun |
| Manitoba | 17 semaines | 63 semaines | 7 mois |
| Nouveau-Brunswick | 17 semaines | 62 semaines | Aucun |
| Île-du-Prince-Édouard | 17 semaines | 62 semaines | 20 sem. sur les 52 précédentes |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 17 semaines | 61 semaines | 20 semaines |
| Yukon | 17 semaines | 63 sem. (71 combinées si partagé) | 12 mois |
| Territoires du Nord-Ouest | 17 semaines | 61 sem. (69 combinées si partagé) | 12 mois |
| Nunavut | 17 semaines | 37 sem. (52 combinées au maximum) | 12 mois |
| Alberta | 16 semaines | 62 semaines | 90 jours |
| Nouvelle-Écosse | 16 semaines | 61 sem. (77 sans congé de maternité) | Aucun |
Les durées ci-dessus proviennent des ministères du Travail provinciaux et territoriaux et du Programme du travail fédéral. Données à jour au 11 septembre 2026.
Durée des congés protégés selon la juridiction
Un congé de maternité de 16 à 19 semaines
Le congé de maternité vise uniquement le parent qui accouche. Sa durée varie de 16 semaines en Alberta et en Nouvelle-Écosse à 19 semaines en Saskatchewan.
Dix juridictions retiennent 17 semaines, ce qui en fait la norme de fait au pays. Le Québec se situe un cran au-dessus avec 18 semaines. La CNESST précise que ce congé peut commencer dès la 16e semaine avant la date prévue d’accouchement et se terminer au plus tard 20 semaines après la naissance.
Aucune juridiction n’aligne son congé sur les 15 semaines de prestations de l’assurance-emploi. Cet écart est délibéré et absorbe notamment le délai de carence d’une semaine.
Le congé parental et l’effet du congé de maternité
Le congé parental s’adresse à tout parent, qu’il soit biologique ou adoptif. Sa durée tourne autour de 61 à 63 semaines dans la majorité des juridictions.
Plusieurs provinces modulent cette durée selon que le parent a pris ou non un congé de maternité. L’Ontario accorde 61 semaines à la personne qui a pris un congé de grossesse, et 63 semaines aux autres parents. La Saskatchewan applique la même logique avec 59 et 63 semaines.
La Nouvelle-Écosse pousse le raisonnement plus loin. Le congé parental y atteint 77 semaines lorsque aucun congé de grossesse n’a été pris, contre 61 semaines dans le cas contraire. La province plafonne toutefois le total combiné à 77 semaines, ce que plusieurs employeurs oublient en additionnant les deux congés.
Le Québec affiche la durée la plus longue sans condition, soit 65 semaines. Chacun des deux parents y a droit, et non les deux ensemble. Ce congé s’ajoute aux 18 semaines de maternité et aux 5 semaines de paternité, mais doit se terminer au plus tard 85 semaines après la naissance.
Le cas particulier du Nunavut
Le Nunavut se distingue nettement du reste du pays avec un congé parental de 37 semaines, plafonné à 52 semaines combinées pour les deux parents.
Le territoire exige aussi 12 mois de service continu, et ce plafond de 52 semaines représente moins de la moitié de ce qui s’applique dans la plupart des provinces.
Un employeur qui exploite des établissements au Nunavut et dans une province du Sud ne peut donc pas appliquer une politique unique. L’écart avec le Québec dépasse une année complète d’absence protégée.
Admissibilité et préavis exigés de l’employé
Les conditions d’accès varient autant que les durées. Quatre points méritent une vérification avant de répondre à une employée.
- Le service continu exigé. Il va de zéro au Québec, en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et au fédéral, jusqu’à 12 mois dans les trois territoires. L’Ontario et la Saskatchewan demandent 13 semaines, le Manitoba 7 mois.
- Le préavis écrit. Il est généralement de 4 semaines. L’Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador se contentent de 2 semaines, l’Alberta exige 6 semaines pour le congé de maternité et le Nouveau-Brunswick jusqu’à 4 mois.
- Le droit de refuser. Il n’existe pas. Aucun employeur ne peut refuser un congé de maternité ou parental, quel que soit le manque de personnel.
- Les prestations sont une question distincte. Un employé peut avoir droit au congé protégé sans être admissible aux prestations, notamment s’il n’a pas accumulé assez d’heures assurables.
Ces seuils d’admissibilité se vérifient en un coup d’œil dans un dossier employé centralisé, qui conserve la date d’embauche et le préavis reçu.
Le Québec et le Régime québécois d’assurance parentale
Le Québec s’est retiré du volet parental de l’assurance-emploi en 2006 pour administrer son propre régime. Le RQAP remplace une part plus élevée du revenu et couvre les travailleurs autonomes, ce qui n’existe pas ailleurs au pays.
Régime de base et régime particulier
Le demandeur choisit entre deux formules au moment de la demande, et ce choix est irrévocable. Il lie aussi les deux parents.
Le régime de base offre des semaines plus nombreuses à un taux moindre, soit 18 semaines de maternité et 5 semaines de paternité à 70 %, puis 32 semaines parentales partageables dont le taux descend à 55 % en cours de route.
Le régime particulier comprime la durée en échange d’un taux plus élevé, soit 15 semaines de maternité, 3 semaines de paternité et 25 semaines parentales, toutes à 75 %.
Le revenu maximal assurable du RQAP s’établit à 103 000 $ pour 2026, contre 98 000 $ l’année précédente. Il est ajusté le 1er janvier de chaque année.
Un congé de paternité exclusif au second parent
Le Québec prévoit un congé de paternité de 5 semaines réservé au second parent, une particularité canadienne. Ces semaines ne sont pas transférables : si elles ne sont pas prises, elles sont perdues.
S’y ajoute un congé de 5 jours à la naissance ou à l’adoption, offert aux deux parents, dont les 2 premiers jours sont payés par l’employeur. C’est l’une des rares sommes que l’employeur verse réellement dans tout ce dossier.
Pour un gestionnaire, cela change la planification. Deux absences distinctes peuvent survenir dans la même équipe pour une même naissance, à des moments différents.
Les prestations d’assurance-emploi dans le reste du pays
Ailleurs au Canada, les prestations de maternité et parentales de l’assurance-emploi suivent une mécanique uniforme, peu importe la province.
Les prestations de maternité couvrent jusqu’à 15 semaines à 55 % du revenu assurable moyen, avec un maximum de 729 $ par semaine en 2026 sur un revenu assurable maximal de 68 900 $.
Le parent choisit ensuite entre deux options parentales. L’option standard verse 55 % sur un maximum de 40 semaines partagées. L’option prolongée étire la période à 69 semaines partagées, mais à 33 % du revenu, avec un plafond de 437 $ par semaine.
Le choix est irrévocable dès le premier versement et lie les deux parents. Il détermine la durée réelle de l’absence, ce qui en fait l’information la plus utile à obtenir tôt pour planifier le remplacement.

Obligations de l’employeur pendant et après le congé
Le cadre légal est court et ne varie presque pas d’une juridiction à l’autre.
L’emploi doit être conservé. Au retour, l’employé reprend son poste ou un poste équivalent, au salaire qu’il aurait touché s’il était resté. Une augmentation accordée à l’équipe pendant l’absence s’applique donc aussi à la personne en congé.
L’ancienneté continue de s’accumuler. Un congé parental n’interrompt pas le service continu et ne remet pas les compteurs à zéro pour les vacances.
La participation aux régimes collectifs se maintient, et l’employeur ne peut pas retirer unilatéralement la couverture d’assurance ou de retraite pendant l’absence.
Le relevé d’emploi doit être transmis rapidement. C’est la seule démarche administrative réellement à la charge de l’employeur, et un retard retarde d’autant le versement des prestations.
Un dernier point relève des droits de la personne plutôt que des normes du travail. La grossesse et la situation de famille sont des motifs protégés partout au pays. Modifier un horaire ou des tâches sans l’accord explicite de l’employée, même avec de bonnes intentions, expose l’employeur à une plainte.
Une exception existe lorsque le poste lui-même présente un risque. Une éducatrice exposée à des maladies contagieuses ou une préposée qui effectue des transferts de patients peut faire l’objet d’une réaffectation ou d’un retrait préventif. Les règles diffèrent d’une province à l’autre, et le Québec prévoit même un programme de remplacement du revenu dans ces situations.
Enfin, le contact pendant le congé mérite une règle claire. Les nouvelles d’ordre social sont bienvenues, mais demander à une personne en congé de couvrir un quart ou de répondre à une question opérationnelle n’est pas acceptable.
Gérer le congé de maternité et le congé parental au Canada
Le congé de maternité et congé parental au Canada pose rarement un problème juridique. Le droit est clair, le refus n’existe pas et les obligations tiennent en quelques lignes.
La difficulté est opérationnelle. Une absence de douze à dix-huit mois exige un remplacement, une formation et une préparation du retour, autant d’étapes qui se planifient dès l’annonce. Le guide de planification des horaires détaille la méthode pour absorber une absence prolongée sans épuiser le reste de l’équipe.
Un logiciel de gestion des congés centralise les demandes, les dates de retour et les dossiers employés pour des équipes réparties dans plusieurs juridictions. Planifiez une démo pour en connaître le fonctionnement.
FAQ
Congé de maternité et congé parental au Canada : à combien de semaines a-t-on droit?
La durée du congé de maternité et du congé parental au Canada varie selon la juridiction où travaille l’employée visée. Le volet maternité va de 16 semaines en Alberta et en Nouvelle-Écosse à 19 semaines en Saskatchewan, soit la plus longue au pays. Dix juridictions accordent 17 semaines et le Québec en prévoit 18, soit nettement plus que les 15 semaines de prestations versées par l’assurance-emploi.
Le congé parental est-il payé par l’employeur?
Non. L’employeur ne verse aucun salaire pendant un congé de maternité ou parental, sauf si sa politique interne ou une convention collective prévoit un complément. Le remplacement du revenu provient de l’assurance-emploi partout au pays, ou du Régime québécois d’assurance parentale au Québec. La seule obligation administrative de l’employeur est de produire le relevé d’emploi rapidement, faute de quoi les prestations seront versées en retard.
Un employeur peut-il refuser un congé de maternité?
Non, jamais. Le droit au congé de maternité et au congé parental est protégé par les normes du travail partout au Canada, quelle que soit la taille de l’entreprise. Un refus expose l’employeur à une plainte aux normes du travail et, lorsque la grossesse est en cause, à une plainte en matière de droits de la personne, un dossier nettement plus lourd.
Quelle est la différence entre le RQAP et l’assurance-emploi?
Le RQAP remplace l’assurance-emploi pour les résidents du Québec depuis 2006. Il verse un taux de remplacement plus élevé, soit de 70 % à 75 % selon le régime choisi, contre 55 % à l’assurance-emploi. Il couvre aussi les travailleurs autonomes et prévoit un congé de paternité exclusif au second parent, deux éléments entièrement absents du régime fédéral applicable ailleurs au pays.