Un employé qui compte quatre ans d’ancienneté touche deux semaines de vacances en Ontario, trois au Québec et trois en Saskatchewan depuis son tout premier jour. Trois provinces, deux réponses différentes.
Les règles sur les vacances et congés au Canada relèvent de treize régimes provinciaux et territoriaux, plus le régime fédéral. L’écart ne se limite pas au nombre de semaines : il touche aussi le seuil d’ancienneté, la base de calcul de l’indemnité et le nombre de jours de maladie payés.
Ce guide réunit les droits de vacances de chaque juridiction, les indemnités applicables et les principaux congés protégés qu’un employeur doit connaître.

Tableau des vacances et congés au Canada par province
| Juridiction | Vacances après 1 an | Palier suivant | Indemnité |
|---|---|---|---|
| Saskatchewan | 3 semaines | 4 semaines après 10 ans | 5,77 % puis 7,69 % |
| Québec | 2 semaines | 3 semaines après 3 ans | 4 % puis 6 % |
| Compétence fédérale | 2 semaines | 3 sem. après 5 ans, 4 sem. après 10 ans | 4 %, 6 % puis 8 % |
| Ontario | 2 semaines | 3 semaines après 5 ans | 4 % puis 6 % |
| Colombie-Britannique | 2 semaines | 3 semaines après 5 ans | 4 % puis 6 % |
| Alberta | 2 semaines | 3 semaines après 5 ans | 4 % puis 6 % |
| Manitoba | 2 semaines | 3 semaines après 5 ans | 4 % puis 6 % |
| Île-du-Prince-Édouard | 2 semaines | 3 semaines après 5 ans | 4 % puis 6 % |
| Territoires du Nord-Ouest | 2 semaines | 3 semaines après 6 ans | 4 % puis 6 % |
| Nunavut | 2 semaines | 3 semaines après 6 ans | 4 % puis 6 % |
| Nouvelle-Écosse | 2 semaines | 3 semaines après 8 ans | 4 % puis 6 % |
| Nouveau-Brunswick | 2 semaines | 3 semaines après 8 ans | 4 % puis 6 % |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 2 semaines | 3 semaines après 15 ans | 4 % puis 6 % |
| Yukon | 2 semaines | Aucun palier supplémentaire | 4 % |
Les données ci-dessus proviennent des ministères du Travail provinciaux et territoriaux. Des exclusions sectorielles existent partout, notamment en agriculture et pour certains stages. Données à jour au 11 septembre 2026.
Ce qui distingue les régimes d’une province à l’autre
Quatre paramètres expliquent la majorité des erreurs de paramétrage observées chez les employeurs multiprovinciaux.
- Le seuil d’ancienneté. Il va de zéro en Saskatchewan à quinze ans à Terre-Neuve-et-Labrador pour atteindre trois semaines. Un système paramétré sur cinq ans sous-paie les employés québécois et saskatchewanais.
- La base de calcul de l’indemnité. Elle varie selon la juridiction. L’Alberta exclut les heures supplémentaires et l’indemnité de jour férié, alors que la Colombie-Britannique retient une définition large des gains.
- Le moment du versement. L’indemnité peut être versée avant les vacances, sur chaque paie ou au départ de l’employé, selon la province et selon l’entente en place.
- Les jours de maladie payés. Certaines juridictions n’en prévoient aucun, d’autres en accordent jusqu’à dix par année.
Semaines de vacances selon l’ancienneté
Le modèle dominant de deux puis trois semaines
Huit juridictions appliquent la même structure : deux semaines après un an de service continu, puis trois semaines à partir d’un seuil d’ancienneté.
Ce seuil est fixé à cinq ans en Ontario, en Colombie-Britannique, en Alberta, au Manitoba, à l’Île-du-Prince-Édouard et dans le régime fédéral. Le fédéral se démarque en ajoutant un troisième palier, soit quatre semaines après dix ans de service.
Saskatchewan et Québec, les exceptions
La Saskatchewan est l’exception la plus coûteuse à ignorer. L’employé y obtient trois semaines de vacances dès la première année, avec une indemnité de 5,77 %, soit trois cinquante-deuxièmes du salaire. Après dix ans, il passe à quatre semaines et 7,69 %.
Un système de paie configuré au taux standard de 4 % sous-paie donc chaque employé saskatchewanais dès son embauche.
Le Québec avance son palier à trois ans plutôt que cinq. La province prévoit aussi une accumulation progressive la première année, à raison d’une journée par mois complet de service, jusqu’à un maximum de deux semaines.
Provinces aux paliers plus tardifs
La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick attendent huit ans avant d’accorder une troisième semaine. Terre-Neuve-et-Labrador pousse le seuil à quinze ans, le plus long au pays.
L’Île-du-Prince-Édouard appartenait à ce groupe jusqu’au 30 juin 2026. La refonte de sa loi sur les normes du travail a ramené le seuil de huit à cinq ans, ce qui a fait basculer d’un coup une partie du personnel de longue date vers une semaine supplémentaire.
Le Yukon fait bande à part avec deux semaines sans palier supplémentaire prévu par la loi.
Indemnité de vacances et base de calcul
La règle générale est simple. Deux semaines correspondent à 4 % des gains, trois semaines à 6 %, quatre semaines à 8 %. La Saskatchewan calcule autrement, en fraction de semaines sur cinquante-deux.
La difficulté vient de la définition des gains. Chaque juridiction établit sa propre liste de ce qui entre dans le calcul, et l’écart est réel entre les provinces.
L’Alberta applique une base étroite qui exclut les heures supplémentaires et l’indemnité de jour férié. La Colombie-Britannique retient au contraire une définition large du salaire total, qui englobe les commissions, les primes et l’indemnité de jour férié.
Un employeur qui applique la même formule partout au pays se trompe donc dans au moins une province, même avec le bon pourcentage.
L’indemnité accumulée reste due au départ de l’employé, qu’il ait pris ses vacances ou non. C’est une dette qui suit le dossier, pas un avantage qui expire.
Le temps de vacances et l’indemnité de vacances suivent d’ailleurs deux logiques distinctes. Le temps doit généralement être pris dans les douze mois suivant la fin de l’année de référence, et l’employeur peut imposer les dates si aucune entente n’intervient.
L’indemnité, elle, ne se perd pratiquement jamais. Un employé qui n’a pas pris ses semaines conserve son droit au montant, ce qui transforme le solde en passif comptable si le suivi est approximatif.
Cette distinction explique une bonne partie des réclamations déposées aux normes du travail. L’employeur croit que le solde est expiré, alors que seul le droit de prendre le congé l’était.
Congé de maladie et absences de courte durée
Juridictions qui prévoient des jours payés
Le régime fédéral est le plus généreux au pays avec dix jours de congé de maladie payés par année, accumulés à raison d’un jour par mois après trente jours de service.
La Colombie-Britannique accorde cinq jours payés après quatre-vingt-dix jours d’emploi, auxquels s’ajoutent trois jours non payés.
Le Québec fonctionne différemment. La CNESST prévoit dix journées d’absence par année pour maladie ou obligations familiales, dont les deux premières sont payées après trois mois de service continu. Ces deux journées couvrent l’ensemble des motifs, pas seulement la maladie.
L’Île-du-Prince-Édouard a introduit un système progressif le 30 juin 2026. L’employé obtient quatre jours non payés après trente jours d’emploi, puis un jour payé après un an, deux après deux ans et trois après trois ans.
Juridictions sans jour payé
L’Ontario et l’Alberta demeurent les deux plus grandes provinces sans congé de maladie payé prévu par la loi. L’Ontario accorde trois jours non payés par année, l’Alberta cinq jours non payés après quatre-vingt-dix jours d’emploi.
Les employeurs de ces provinces offrent souvent des jours payés par politique interne ou par convention collective, mais rien ne les y oblige.
Il est possible de configurer ces règles par province ou territoire à l’aide d’un outil de gestion des congés, qui appliquera ensuite le bon nombre de jours au dossier de chaque employé.
Le virage vers 27 semaines de congé médical prolongé
Un mouvement de fond a redessiné le paysage entre 2025 et 2026. Les provinces se sont alignées sur une durée commune de vingt-sept semaines de congé médical non payé et protégé, calquée sur la durée des prestations de maladie de l’assurance-emploi.
L’Ontario a ouvert la marche avec son congé en cas de maladie grave, en vigueur depuis le 19 juin 2025. La Colombie-Britannique a suivi en novembre 2025. L’Alberta et la Saskatchewan ont fait le saut le 1er janvier 2026, l’Alberta passant de seize à vingt-sept semaines.
Le Québec fait exception avec vingt-six semaines sur une période de douze mois, un écart d’une seule semaine mais qui compte au moment de calculer une date de retour.

Congés pour obligations familiales et deuil
Le Québec accorde dix journées d’absence par année pour des obligations liées à la garde, à la santé ou à l’éducation d’un enfant, ou pour agir comme proche aidant auprès d’un membre de la famille. Deux de ces journées sont payées.
En cas de décès, la CNESST prévoit cinq jours d’absence lors du décès du conjoint, d’un enfant, d’un parent, d’un frère ou d’une sœur. Les deux premiers sont payés, les trois autres sont sans salaire.
Ailleurs au pays, le seuil de trois jours domine, mais il est le plus souvent sans salaire. La Colombie-Britannique et l’Alberta accordent trois jours non payés. Le régime fédéral se distingue en prévoyant des jours payés pour les employés comptant trois mois de service.
La leçon pratique pour un employeur multiprovincial est la suivante : le nombre de jours varie peu d’une province à l’autre, mais la question de savoir qui paie varie énormément.
Gérer adéquatement les vacances et congés au Canada
Les vacances et congés au Canada créent deux risques distincts pour un employeur. Le premier est financier, quand un pourcentage d’indemnité mal paramétré s’accumule pendant des années. Le second est opérationnel, quand une absence protégée de vingt-sept semaines tombe sans que l’horaire soit prêt à absorber le vide.
Les organisations qui gèrent des équipes par quarts ont intérêt à voir les banques de congés et les absences prévues au moment où l’horaire se bâtit. Notre guide de planification des horaires détaille la méthode, et notre article sur les jours fériés au Canada complète le portrait des absences payées.
Découvrez notre logiciel de gestion des congés, qui centralise les demandes de congé, les banques accumulées et le transfert vers la paie pour des équipes réparties dans plusieurs juridictions. Planifiez une démo pour en savoir plus.
FAQ
Combien de semaines de vacances et congés au Canada sont obligatoires?
Le minimum applicable aux vacances et congés au Canada est de deux semaines après un an de service continu dans la plupart des juridictions. La Saskatchewan accorde trois semaines dès la première année, ce qui en fait la grande exception au pays. Le passage à trois semaines survient ensuite après trois ans au Québec, cinq ans en Ontario et en Alberta, et quinze ans à Terre-Neuve-et-Labrador.
Comment se calcule l’indemnité de vacances?
L’indemnité correspond à un pourcentage des gains, soit 4 % pour deux semaines, 6 % pour trois et 8 % pour quatre. La Saskatchewan applique plutôt 5,77 % et 7,69 %. La base de calcul varie toutefois selon la province : l’Alberta exclut les heures supplémentaires et l’indemnité de jour férié, alors que la Colombie-Britannique retient une définition beaucoup plus large des gains admissibles.
Les jours de maladie sont-ils payés au Canada?
Cela dépend entièrement de la juridiction où travaille l’employé. Le régime fédéral accorde dix jours payés par année, la Colombie-Britannique cinq jours et le Québec deux. L’Ontario et l’Alberta n’imposent aucun jour payé et prévoient uniquement des absences protégées sans salaire. L’Île-du-Prince-Édouard a mis en place depuis juin 2026 un système progressif menant à trois jours payés après trois ans de service continu.
Combien de jours de congé de deuil un employeur doit-il accorder?
Le minimum tourne autour de trois jours dans la plupart des juridictions canadiennes. Le Québec se distingue avec cinq jours lors du décès d’un proche parent, dont les deux premiers sont payés par l’employeur. Ailleurs au pays, ces journées sont généralement accordées sans salaire, sauf dans le régime fédéral, qui prévoit des jours payés pour les employés comptant au moins trois mois de service continu.